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	<title>Histoires noires</title>
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		<title>Histoires noires</title>
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		<title>Histoire Noire : Je suis un voyou par Gilles Fiolet</title>
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		<pubDate>Thu, 29 Sep 2011 08:14:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yumington Project</dc:creator>
				<category><![CDATA[Vos Histoires Noires]]></category>
		<category><![CDATA[Gilles Fiolet]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire Noire]]></category>
		<category><![CDATA[Je suis un voyou]]></category>

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		<description><![CDATA[Je suis un voyou, une brute épaisse, bien grasse comme un kebab sauce blanche de chez Moktar. J’ai fait mes premiers coups, là-bas, dans l’Alma. Alma, Roubaix. Un de ces quartiers, où il vaut sans doute mieux passer son chemin, si on n’a rien à y faire. Enfin, c’est ce qu’on disait aux flics, quand [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=histoiresnoires.wordpress.com&#038;blog=23643075&#038;post=163&#038;subd=histoiresnoires&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;">Je suis un voyou, une brute épaisse, bien grasse comme un kebab sauce blanche de chez Moktar.<br />
J’ai fait mes premiers coups, là-bas, dans l’Alma. Alma, Roubaix. Un de ces quartiers, où il vaut<br />
sans doute mieux passer son chemin, si on n’a rien à y faire. Enfin, c’est ce qu’on disait aux flics,<br />
quand on zonait au coin d’une rue et qu’ils montraient leur tronche. C’est là-bas que j’ai appris mon<br />
métier de voyou.</p>
<p style="text-align:justify;">A l’époque je traînais avec des mecs pas bien nets, quelques vendeurs de beuh, quelques dealers<br />
de calibres, mais aussi quelques fêlés de la religion. J’ai jamais bien cru en dieu, moi, quel que soit<br />
son nom. Mais bon, avec tous ces mecs, y’avait aussi du blé à se faire. Y’avait aussi des caïds qui<br />
nous faisaient rêver. Comme ce Omar Zemiri qui n’avait pas vu ses potes se faire plomber par le<br />
RAID rue Carette en 96. J’avais dis huit bâtons et je tirais quelques voitures ou me tapais quelques<br />
baraques sur Barbieux, le « 16ème » de Roubaix.<br />
Ce matin de mars 96, j’y suis passé moi rue Carette, je revenais de boite avec ma BM volée, j’ai<br />
vu tout ce bordel, les supers flics partout, ça m’a fait bander. Je me voyais bien m&#8217;en faire à la<br />
Kalachnikov. Mais je me suis tiré vite fait et j’ai suivi le reste de l’histoire devant le JT de TF1.</p>
<p style="text-align:justify;">Alors après, j’ai enchaîné. Je suis passé de la BM, pour aller en boîte, à la voiture en série pour le<br />
marché russe, et puis à la came. J’ai même fait travaillé quelques filles, des salopes du quartier qui<br />
voulait se faire un peu de blé pour s’acheter des fringues dans les boutiques du Vieux Lille. On<br />
m’appelait Ultime parce que si on me faisait chier, c’était l’ultime fois. Enfin c’était Ma phrase.<br />
Putain, je m’éclatais bien, j’étais respecté, j’étais riche, j’étais dieu. J’étais recherché aussi pour<br />
braquages. Quelques Crédit Agricole.</p>
<p style="text-align:justify;">Et puis ma meuf est tombée enceinte. Là, j’ai pris une claque. Un mioche, un vrai. Un petit mec qui<br />
s’endort dans tes bras, qui pleure quand t’es pas là, qui te vénère. J&#8217;étais plus Ultime mais Papa. Je<br />
me suis tenu à carreaux pendant quatre ans et puis on a manqué de thune, alors je me suis refait une<br />
caisse d’épargne. La dernière fois, pour partir loin. Mais ca a mal tourné, le guichetier a déconné,<br />
il s’est pris une prune. Les gendarmes ont rappliqué, j’ai réussi à me tirer, mais pas mes potes. Je<br />
pense qu’ils m’ont balancé.</p>
<p style="text-align:justify;">Je vous raconte tout ça, je suis venu chercher mon gamin à l’école, j’ai pris un risque mais il me<br />
manquait, la cavale c’est pas bon pour un père, alors je me suis mis sur le trottoir en face, quand il<br />
m’aperçoit, il est content de me voir.<br />
Les flics sont là, ils sortent de je ne sais où, me gueulent un truc que je ne comprend pas, je sors les<br />
mains de mon blouson pour les lever comme il se doit dans ces moments là. J’entends un truc du<br />
genre « lâche ça ! ». Mais j’ai rien. Ils ne donnent pas plus de sommations, ils ne me laissent pas<br />
lever les bras. Un truc me fait horriblement mal dans le ventre, puis un deuxième dans le poumon.<br />
Des prunes, un arbre entier.</p>
<p style="text-align:justify;">Des pleurs, des cris « Papa ! », une phrase « t’as morflé mon crouille ».</p>
<p style="text-align:justify;">Je suis entrain de crever devant mon gamin.</p>
<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/histoiresnoires.wordpress.com/163/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/histoiresnoires.wordpress.com/163/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/histoiresnoires.wordpress.com/163/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/histoiresnoires.wordpress.com/163/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/histoiresnoires.wordpress.com/163/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/histoiresnoires.wordpress.com/163/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/histoiresnoires.wordpress.com/163/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/histoiresnoires.wordpress.com/163/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/histoiresnoires.wordpress.com/163/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/histoiresnoires.wordpress.com/163/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/histoiresnoires.wordpress.com/163/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/histoiresnoires.wordpress.com/163/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/histoiresnoires.wordpress.com/163/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/histoiresnoires.wordpress.com/163/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=histoiresnoires.wordpress.com&#038;blog=23643075&#038;post=163&#038;subd=histoiresnoires&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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		<item>
		<title>Histoire Noire : Sunday Morning par Mickaël Vivas</title>
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		<pubDate>Mon, 05 Sep 2011 07:00:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yumington Project</dc:creator>
				<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>

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		<description><![CDATA[Musique du Velvet Underground L’insouciance argentée de tes jeunes heures est révolue, l’époque où tu pouvais abattre ta purge à l’arrière d’une vieille bagnole, sans l’once d’un remord au matin. Et un matin, un tas d’excréments compact instille lugubrement dans ton crâne une mélancolie sémillante qui se mêle aux farouches exubérances d’une veillée nocturne et [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=histoiresnoires.wordpress.com&#038;blog=23643075&#038;post=161&#038;subd=histoiresnoires&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>Musique du Velvet Underground</em></p>
<p>L’insouciance argentée de tes jeunes heures est révolue, l’époque où tu pouvais<br />
abattre ta purge à l’arrière d’une vieille bagnole, sans l’once d’un remord au matin.</p>
<p>Et un matin, un tas d’excréments compact instille lugubrement dans ton crâne une<br />
mélancolie sémillante qui se mêle aux farouches exubérances d’une veillée nocturne et<br />
éthylique.</p>
<p>Tu as la tête en vrac, ce qui est surement dû à un abus de la chose. Des petits soldats de<br />
l’armée rouge végètent dans ta tête en treillis déguenillé. Un sérieux contrecoup d’une nuit<br />
d’ivresse et d’une mendicité poltronne. Il se pourrait que la chose soit russe et qu’elle réponde<br />
au doux nom de « Vodka », une assonance harmonique extatique, un véritable guide dans ce<br />
voyage acerbe des profondeurs abyssales de ta raison. C’est dégradant mais tu aimes ça.</p>
<p>Un épais brouillard altère ton acuité visuelle qui se limite désormais à une vision<br />
d’horreur face à l’immondice des rues que tu détailles derrière les persiennes &#8211; vision<br />
d’horreur face à la vaisselle qui grouille dans l’évier et aux quatre coins de l’appartement<br />
comme en témoigne ce dernier verre de vodka orange laissé à l’abandon sur une table de nuit<br />
poussiéreuse. D’un œil attentif et un autre à demi-clos, tu explores les bouteilles éclusées,<br />
les bris de verre, les mégots de cigarettes écrasés sur la table basse, un foulard égarée, une<br />
guitare avachie sur ton sofa, un décorum délabré. Agilité retrouvée, tu pivotes à 180° dans<br />
tes draps : vision d’horreur face à cet ami sans « E » qui a trouvé refuge dans l’alcôve que<br />
constitue le lit du célibataire que tu es. Spleen retrouvé, « tu te souviens des jours anciens et<br />
tu pleures », tu te souviens de celles qui furent à sa place, celles qui auraient pues l’être, celles<br />
qui auraient dues l’être et qui s’encanaillent désormais avec de petites gouapes nippées de<br />
fripes fluorescentes, dans l’air du temps. Pas comme toi.</p>
<p>Un gramme de paracétamol suffira à dissoudre provisoirement l’armée rouge qui se<br />
reformera de façon axiomatique à la prochaine nuit cuitée à la russe. Pour l’heure, tout devient<br />
désespérément plus clair. Quelques flash-back de ta veillée refont surface : dans un premier<br />
temps, la diversité des thèmes abordés et sabordés. Ces causeries étaient censées susciter<br />
débat ou assentiment mais toi, tu n’entendais que des bêlements et préférais t’imbiber de<br />
vodka pour atténuer leur résonnance. L’esprit ailleurs, tu t’es mis à penser aux honneurs d’une<br />
publication posthume dans le cas où tu viendrais à mourir de façon brutale et prématurée, ce<br />
soir-là ou peut-être un autre. Dans un second temps, tu te remémores cette virée nocturne aux<br />
accents de tragédie grecque à la vue de tous ces jeunes gens déglingués qui se complaisent<br />
entre eux dans un parfait devoir de sociabilité aseptisé. Est-il utile de rappeler que le reste du<br />
temps, dans ce bas-monde, les gens sont imbuvables, furieusement asociaux et monstrueux ?<br />
C’est dans ces moments-là que tu comprends mieux pourquoi tu en veux à la terre entière. A<br />
la vue d’une toile de fond aussi misérable, tu te dis qu’il est parfois préférable d’être en guerre<br />
avec soi-même qu’en paix avec les autres.</p>
<p>Toi, moi, nous. Max Navas et le reste du monde.</p>
<p>Au révélateur, le reflet du miroir est sans appel et ne souffre d’aucune contestation : tout</p>
<p>va foutrement bien dans ton exploration des limites extrêmes de la décrépitude. Les yeux<br />
vitreux, figés dans un paradoxe inhibitif, tes songes sur une félicité future te plongent dans<br />
un état de béatitude sirupeux : une coloc’ à New York, la petite amie russe, une chambre<br />
minimaliste avec une machine à écrire sur un bureau. Une vie heureuse dans toute la<br />
signification et les variantes du terme.</p>
<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/histoiresnoires.wordpress.com/161/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/histoiresnoires.wordpress.com/161/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/histoiresnoires.wordpress.com/161/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/histoiresnoires.wordpress.com/161/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/histoiresnoires.wordpress.com/161/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/histoiresnoires.wordpress.com/161/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/histoiresnoires.wordpress.com/161/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/histoiresnoires.wordpress.com/161/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/histoiresnoires.wordpress.com/161/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/histoiresnoires.wordpress.com/161/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/histoiresnoires.wordpress.com/161/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/histoiresnoires.wordpress.com/161/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/histoiresnoires.wordpress.com/161/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/histoiresnoires.wordpress.com/161/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=histoiresnoires.wordpress.com&#038;blog=23643075&#038;post=161&#038;subd=histoiresnoires&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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	</item>
		<item>
		<title>Histoire Noire : L&#8217;enfer maman par L’Animelle</title>
		<link>http://histoiresnoires.wordpress.com/2011/08/26/histoire-noire-lenfer-maman-par-l%e2%80%99animelle/</link>
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		<pubDate>Fri, 26 Aug 2011 07:56:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yumington Project</dc:creator>
				<category><![CDATA[Vos Histoires Noires]]></category>

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		<description><![CDATA[ J’étais né, un jour de juin, gémeaux de signe. Il y avait du grabuge chez les grands, ca cognait, ca criait, ca puait le désamour et moi j’étais là, petit mioche qui braille encore plus fort. Si fort que j’ai réussi à la faire fuir ma mère, elle a pris les meubles plutôt que moi, [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=histoiresnoires.wordpress.com&#038;blog=23643075&#038;post=155&#038;subd=histoiresnoires&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p lang="en-US"> J’étais né, un jour de juin, gémeaux de signe.</p>
<p>Il y avait du grabuge chez les grands, ca cognait, ca criait, ca puait le désamour et moi j’étais là, petit mioche qui braille encore plus fort. Si fort que j’ai réussi à la faire fuir ma mère, elle a pris les meubles plutôt que moi, c’était le deal du père. « Tu te casses avec les meubles ou le môme, tu choisis ».</p>
<p>Elle ne m’avait pas choisi, n‘avait pas pris mes neufs petits mois dans ses bras. Dans l’ombre des vieux j’ai grandi, chéri, aimé par mon arrière grand-mère et puis par ma grand-mère. Le père lui il travaillait, il avait même refait sa vie, j’avais d’un coup 3 frères. Mais je ne m’adaptais pas. Je ne sais pas pourquoi, il y avait en moi toujours ce petit nourrisson qui avait besoin d’une tétée qui ne venait jamais, jamais, jamais.</p>
<p>Je ne sais pas ce que ca a fait en moi son départ, son choix. Je ne sais pas si je suis né comme ca, avec la rage ou si elle est venue après avec les chocs, les rejets, les obligations, les mauvaises décisions.</p>
<p>La famille ca m’allait pas, comme un costard sur un pouilleux! Il était sans cesse à me faire du mal, à m’humilier, à me faire savoir qu’elle avait choisi les meubles et que finalement elle avait bien fait!</p>
<p>Alors je suis allé en foyer, après les premières fugues, j’ai commencé tôt à 6 ans je crois, mais les grands me ramenaient aux gendarmes, c’était presque devenu une habitude, c’est pour ca que j’ai voulu partir en foyer, être avec d’autres adultes qui ne savent rien pour l’histoire des meubles.</p>
<p>Mais ca a un peu tourné au vinaigre là bas aussi. Il y avait des grands qui me montraient des trucs qui n’étaient pas de mon âge, alors moi j’étais souvent dans les mauvais coups! On me menaçait encore, moi les menaces je les prenais et je les chiffonnais comme un brouillon et je collais ca dans la corbeille « à oublier » de ma tête.</p>
<p>Alors je suis parti dans un autre foyer. Entre temps on m’avait mis dans une famille d’accueil, une gentille dame avec un mari, des chèvres et d’autres enfants comme moi que l’on ne sait pas ou mettre. Mais elle aussi a pas voulu de moi, moi je voulais rester mais elle ne voulait pas. Je devais vraiment avoir un truc qui cloche, un truc qui fait qu’on ne me veut jamais.</p>
<p>Dans l’autre foyer j’ai commencé à boire, j’avais déjà vu ça à la maison, le père avec son 51 et puis les bières et le cubi de rouge pour la semaine à aller chercher à la cave coopérative.</p>
<p>J’avais le privilège à la maison de mettre le vin dans la carafe. Les premières fois je mettais des gouttes par terre mais les quelques baignes du padré m’ont aidé à ne plus rien renverser, à avoir l’art et la manière de ne laisser aucune goutte se perdre. Je crois qu’il était fier de moi des fois.</p>
<p>L’alcool est une tradition française, je suis français, le rouge la baguette et le camembert c’est mon truc!</p>
<p>Quitte à ne pas savoir de quel ventre on sort autant savoir de qu’elle terre on vient. Moi j’étais un vrai Français, un qui boit et qui pêche, un qui râle et qui pourtant ne change rien au monde.</p>
<p>C’était suffisant pour moi d’en parler, pour l’action je laissais faire les autres, les intellectuels moi je suis un manuel.</p>
<p>Un gars qui travail à la tâche, au mètre carré.</p>
<p>Mon père voulait pas que je sois comme lui, à 13 ans l’apprentissage dans ses pattes, les départs dans les nuits gelées d’hivers avec le camion, être avec les hommes, récupérer les autres aux passages, faire de la route pour aller au chantier, s’arrêter avant, prendre mes premiers cafés chauds pendant qu’ils prenaient leur premier verre de blanc. C’était gai les chantiers, mon père je voyais bien que ca le faisait chier de voir que j’aimais ca, ca le faisait chier de voir que je grandissais un peu comme lui mais il fallait bien que je fasse quelque chose et puis sur les chantiers c’était mon chef plus mon père.</p>
<p>Je sais que ca l’ennuyais quand il me voyait peindre bien et vite, des fois plus vite et mieux que lui, il disait rien, juste « le métier rentre ».</p>
<p>C’était pas grave, moi j’étais dehors à faire et à refaire, à apprendre et à réapprendre. J’ai la cervelle qui fonctionne bien et le juge m’a bien cassé mais pour le boulot ca c’est sur, dans toute la région j’étais connu, le meilleur tâcherons, le meilleur jointeur du coin.</p>
<p>Alors ca a fait rire beaucoup de monde, jointeur on dit que c’est plus qu’un métier pour moi, j’étais jointeur dans tous les sens du termes, les copains se marrer bien. Des kilomètres de bandes que j’ai posé, dans une bonne partie des villas du coin et puis pour les autres joins aussi, dans tous les coins du village j’en ai roulé.</p>
<p>C’est arrivé aussi avec l’alcool, les foyers, les grands, les fois où on faisait le mur et puis après ils m’ont m’y en appart , ils disaient que c’était mieux pour tous le monde, moi aussi je croyais ça.</p>
<p>Et les femmes je ne vous ai pas parlé des femmes, ces petites chaires qui palpitent, que je touche avec passion et haine mélangées, ces petits êtres qui sont fragiles et qui me rendent fou.</p>
<p>Je sais pas pourquoi ca a commencé, je sais pas, je devais être énervé, je suis souvent énervé, c’est français non?</p>
<p>Et puis c’est passé, comme une lettre à la poste!</p>
<p>Et puis une autre et encore une, comme si toutes les histoires avaient la même fin, comme si j’avais beau réessayer et que ca ne servait à rien. Mon cœur je leur donnais et de mon corps je les rendais folle.</p>
<p>C’est la dernière qui m’a fait le plus mal, je ne sais pas si c’est elle que j’ai aimé le plus, je crois qu’elle aimerait pourtant l’entendre mais dans l’échelle des amours bleus, je ne sais pas.</p>
<p>On dit maintenant qu’elle est folle, enfin c’Est-ce qu’on m’écrit, ce qu’on m’envoie de l’extérieur.</p>
<p>Je croyais que c’était la bonne, celle là, la dernière, elle dit que ca à bien faillit mais j’en aurais d’autre, elle dit que je suis le diable mais elle qui est elle?</p>
<p>Quand je lui disais je t’aime elle ouvrait la bouche pour me recevoir, comme si je lui offrais la lune comment je pouvais penser que ce n’était que pour moi, je croyais qu’elle était comme celle qui est partie avec les meubles.</p>
<p>Je l’ai enfermée, je lui ai pourtant expliqué que si elle sortait elle me perdrait, je lui avais dit, je le savais moi je sortais sans elle et quand je la retrouvais au même endroit j’étais perdu entre ma paranoïa et ses silences.</p>
<p>Elle disait jamais rien alors je la faisais jouir au moins elle me parlait d’amour, que j’étais son dieu, le reste de sa vie, en riant on parlait même de bague, elle disait « j’avais jamais pensé dire oui mais à toi je peux jamais dire non! ».</p>
<p>Elle était pas d’accord, elle disait « il faut se régénérer de l’extérieur, des autres, il faut aller gouter à la vie et à ses rires, à la joie et au bonheur, ne pas se lamenter.. », je sais pas si elle avait raison je sais que si on l’avait fait elle m’aurait échappé, d’ailleurs je l’ai perdu.</p>
<p>Cette fille c’était une pilule, un aphrodisiaque, une couverture chaude sans prise, une liberté à foutre en cage. Il fallait toujours que je la fourre de moi, que je l’illumine de ma peau, que je l’argumente de mes sens. C’était sans fin, toujours à recommencer et chaque fois c’était bien sauf la fois ou je m’en souviens pas.</p>
<p>Le lendemain elle avait le corps défiguré, comme si elle était passé dans une machine, mâchée, colorée de froid après ca elle a perdu du poids, c’était pire, j’avais encore plus les foies, elle se rétrécissait et je la trouvais encore plus belle, même si ses côtes frottaient les miennes j’aimais ça.</p>
<p>Elle voulait plus que je rentre chez elle mais moi j’étais dans son cœur, je le savais, alors j’appelais, lui filais des rdv, elle venait toujours avec cette putain d’illumination dans les yeux, comme si elle elle s‘en foutait des meubles. Elle me donnait de la puissance, j’aurai pu la tuer qu’elle m’aurait encore aimé maintenant qu’elle est folle je ne sais pas si son cœur bat encore pour moi.</p>
<p>La dernière fois que je l’ai vu elle a dit « je ne veux plus jamais voir cet homme de toute ma vie », elle était sur le banc, pas celui des accusés, moi on m’avait démenotté, j’avais envie de la prendre dans mes bras mais il fallait que je me défende, alors j’ai dis des saloperies, je l’ai encore salie mais elle aussi m’avait salie, elle l’avait dit cette putain de vérité illégale.</p>
<p>J’ai des habitudes maintenant où elle n’est plus, des horaires, je sais quand même quand elle se réveille ca me fait comme un coup au cœur le matin, j’ouvre les yeux et je la voie, elle est avec un autre, je pleure en prenant ma tête entre les mains, en me cachant, ici les hommes n’en sont plus, ils sont cruels et mauvais c’est pas pour rien qu’on les a enfermés! Moi je comprends maintenant les mots qu’elle décortiquait, les synonymes qu’elle déployait pour me faire comprendre la liberté.</p>
<p>A l’heure ou elle est folle moi je pense encore des fois que je l’aime mais l’amour je sais pas trop ce que c’est au fond!</p>
<p>J’ai reçu un magasine hier, sur le brochet et le cendre, il n’y avait pas d’expéditeur, je sais que c’était elle, il y avait des lettres qui avaient été découpée, comme utilisées pour une lettre anonyme, j’en recevrais peut être une, un jour ou l‘autre, je ne sais pas.</p>
<p>Je marche derrière les autres, il parait qu’elle marche seule, les gens du village me parlent encore d’elle comme si on était liés à vie sans avoir fait d’enfant, comme si notre amour mort était suspendus dans le vide, comme si il ne pouvait pas mourir vraiment, comme si il hésitait.</p>
<p>J’ai pris du poids, il parait qu’elle aussi, j’attends sa lettre puisqu’il n’y a que ca a faire ici.</p>
<p>Ce matin j’ai reçu un pli, c’était encore un magasine, le même, elle perd vraiment la tête, il y avait une lettre dedans, cette fois ci avec une signature, c’était une autre fille, c’était pas elle, peut être que c’est moi qui perd finalement la tête, je ne sais plus, je répondrai à la gentille qui m’a écrit, je lui dirai que je me rappelle d’elle et que d’elle mais finalement il n’y en a qu’une qui compte, celle qui m’a fait juger, celle qui m’avait dit récupère tes meubles, celle qui m’avait dit « vient voir la vie c’est si joli ».</p>
<p lang="en-US">
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	</item>
		<item>
		<title>Histoire Noire : Souffle court par Violaine de Angelis</title>
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		<pubDate>Mon, 08 Aug 2011 10:57:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yumington Project</dc:creator>
				<category><![CDATA[Vos Histoires Noires]]></category>
		<category><![CDATA[histoires noires]]></category>
		<category><![CDATA[Souffle court]]></category>
		<category><![CDATA[Violaine de Angelis]]></category>

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		<description><![CDATA[Commencer une nouvelle vie. Nous trouver une baraque, à moi et à Zoé. Vivre en paix sur un lopin de terre. Si simple. Il me suffirait d’entrer dans cette banque. Sortir un flingue et demander le fric. Pas de surveillance vidéo, je l’aurais coupé avant. Idem pour l’alarme qui relie l’endroit au central. Je n’avais pas [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=histoiresnoires.wordpress.com&#038;blog=23643075&#038;post=147&#038;subd=histoiresnoires&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Commencer une nouvelle vie. Nous trouver une baraque, à moi et à Zoé. Vivre en paix sur un lopin de terre. Si simple.</p>
<p>Il me suffirait d’entrer dans cette banque. Sortir un flingue et demander le fric. Pas de<br />
surveillance vidéo, je l’aurais coupé avant. Idem pour l’alarme qui relie l’endroit au central.<br />
Je n’avais pas passé six mois maudits comme manutentionnaire pour rien. C’est une petite<br />
banque de province, où jamais rien ne se passe.<br />
Zoé n’était pas au courant. Elle n’en saura rien. Jamais. Héritage ou gros contrat inespéré que<br />
j’dirais.<br />
Après ça, fini.<br />
Midi, 26 juin. Il est midi. Le soleil écrase ses rayons sur mes épaules. Pas une ombre, le<br />
monde se repaît.<br />
La fille est seule au guichet. Deux vieux traînent leur misère et leurs livrets épargne. Pas de<br />
danger de ce côté là.<br />
Zoé. Ma Zoé. Le petit qui arrive. Les dettes. Un crédit refusé. Autant de petites souffrances<br />
ordinaires, autant de rêves inachevés qui m’ont conduit ici. J’en ai plus rien à foutre de leur «<br />
chance va tourner » pour qu’elle tourne, faut parfois lui mettre des raclées.<br />
Midi dix. J’entre comme le client du début d’après midi. Un jour ordinaire sans accros. Les<br />
petits vieux me regardent, distraits dans leurs comptes.<br />
Mon attirail de casseur est sommaire. Perruque et lunettes, moustache, vieux costume. Digne<br />
du film du dimanche soir.<br />
Souffle court. La fille au guichet a juste le temps de lever la tête. Mon arme est déjà sur sa<br />
tempe.<br />
Elle crie cette andouille. Je plaque ma main sur sa jolie bouche. Les deux ptits vieux ont su la<br />
jouer fine. La femme s’est assise avec son mari. Ils se tiennent par la main, l’air las et résigné.<br />
Les sommations ils ont connu autrefois, durant des temps plus sombres. Ce n’est pas un autre<br />
clown qui les fera trembler.<br />
Comme prévu, la caméra est hors d’usage.<br />
Je désigne la caisse. La fille à la jolie bouche, tremblante, remplit mon sac. C’est encore une<br />
môme.<br />
Mon flingue serré contre moi, je pars à reculons. Le sac est plein.</p>
<p>Chaleur. Dans l’immobilité de la petite ville de province, dans l’immobilité des volets clos,<br />
personne n’a rien remarqué. Personne ne saura. Ma Zoé, ma fille.<br />
Et le ptit frère qui arrive.<br />
Je les protègerai jusqu&#8217;à mon dernier souffle court.<br />
Je sens le mot sous ma peau.</p>
<p>Braquage.</p>
<p>Il faudra vivre avec.</p>
<p>Se déguiser en mec ça c’était pas mal. La presse parlera d’un fait divers à la banque de<br />
Rocherot. Navrante cette criminalité. Des mesures sécuritaires seront prises. On renforcera<br />
la sécurité. On interrogera les habitants. Les Vallas? parties depuis longtemps. Une femme<br />
charmante, enceinte depuis peu et déjà maman d’une petite fille. Adorables, vraiment.<br />
La fille doit déjà appeler les flics. Je l’entends presque.</p>
<p>Description du braqueur ?<br />
Brun, moustachu, avec des lunettes.</p>
<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/histoiresnoires.wordpress.com/147/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/histoiresnoires.wordpress.com/147/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/histoiresnoires.wordpress.com/147/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/histoiresnoires.wordpress.com/147/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/histoiresnoires.wordpress.com/147/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/histoiresnoires.wordpress.com/147/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/histoiresnoires.wordpress.com/147/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/histoiresnoires.wordpress.com/147/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/histoiresnoires.wordpress.com/147/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/histoiresnoires.wordpress.com/147/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/histoiresnoires.wordpress.com/147/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/histoiresnoires.wordpress.com/147/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/histoiresnoires.wordpress.com/147/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/histoiresnoires.wordpress.com/147/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=histoiresnoires.wordpress.com&#038;blog=23643075&#038;post=147&#038;subd=histoiresnoires&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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	</item>
		<item>
		<title>Histoire Noire : Vaine que vaille  par Gisèle Prevoteau</title>
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		<pubDate>Mon, 08 Aug 2011 10:56:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yumington Project</dc:creator>
				<category><![CDATA[Vos Histoires Noires]]></category>
		<category><![CDATA[Gisele Prevoteau]]></category>
		<category><![CDATA[histoires noires]]></category>
		<category><![CDATA[Vaine que vaille]]></category>

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		<description><![CDATA[Son unique horizon, depuis toujours : leur plaire. Un jour, par eux, être aimée. Moqueries, humiliations, railleries, coups, rejets, renvois dans sa chambre&#8230; tout, elle acceptait tout. Au jour le jour, à la nuit le désespoir, la rage du non-amour. Elle les entendait rire et discuter des heures, ensemble, tandis qu&#8217;elle s&#8217;attardait sur ses devoirs [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=histoiresnoires.wordpress.com&#038;blog=23643075&#038;post=149&#038;subd=histoiresnoires&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Son unique horizon, depuis toujours : leur plaire. Un jour, par eux, être aimée.<br />
Moqueries, humiliations, railleries, coups, rejets, renvois dans sa chambre&#8230; tout, elle acceptait tout. Au jour le jour, à la nuit le désespoir, la rage du non-amour.<br />
Elle les entendait rire et discuter des heures, ensemble, tandis qu&#8217;elle s&#8217;attardait sur ses devoirs insipides.<br />
Il fallait avoir la meilleure note, il fallait obtenir la place de première dans sa classe, il fallait décrocher le prix d&#8217;Excellence.<br />
Les camarades de classe aussi se moquaient. Elle était si peu aimable, trop morose, trop concentrée sur le poids qui sur son dos s&#8217;accumulait.<br />
Lors des devoirs en classe, elle les voyait, eux, qui la surveillaient à travers la fenêtre. Ils ne la lâchaient jamais, pas une minute. D&#8217;elle, ils savaient tout, jusque dans leur absence. Leur regard à chaque instant la trucidait.<br />
Mais elle gravissait les marches, d&#8217;année en année, son désespoir en poche, les nuits blanches en loques. Elle poursuivait le chemin fixé. A quinze ans, seule dans une chambre de bonne parisienne, quand la jeunesse, dans les rues, chantait.<br />
Elle lança quelques SOS mais seul le silence de l&#8217;océan au rayon vert lui répondit.<br />
Elle poursuivit la route, vaille que vaille, adolescente boutonneuse, rondelette, sinistre et solitaire.<br />
La marche du baccalauréat fut gravie médiocrement, avec une mention Assez Bien. Honteuse.<br />
Alors elle intégra la classe d&#8217;Hypokhâgne grâce à son excellent dossier. Et eux, en chœur, lui prédirent que jamais elle n&#8217;y parviendrait, que c&#8217;était au-dessus de ses capacités, qu&#8217;elle en mourrait.<br />
Et elle y excella.<br />
Un matin, à la sortie de l&#8217;établissement, ils étaient là, eux qu&#8217;elle ne voyait jamais. Ils étaient là. Il la happa par le col du chemisier et tous deux l&#8217;emmenèrent dans sa chambre pour lui parler.<br />
Ils s&#8217;assirent sur son lit, elle sur une chaise et lui dirent « tu arrêtes tes études dès aujourd&#8217;hui, tu nous coûtes trop cher ».<br />
Alors, tel l&#8217;animal avant de mourir, elle se dressa face à eux pour crier NON.<br />
Qu&#8217;à cela ne tienne, ils exigeaient, en contre partie, qu&#8217;elle leur rembourse une coquette somme de 2 000 francs. Un professeur l&#8217;y aida, sans compter, elle ne put refuser. Et elle poursuivit ses études. On lui proposa également un poste de surveillante de demi-pension en complément de la bourse qu&#8217;elle obtint en prouvant qu&#8217;elle ne recevait rien de sa famille.<br />
Mais elle ne tint pas longtemps, les difficultés matérielles s&#8217;ajoutaient à la douleur immense qui la poursuivait. La trahison avait été rude et la laissant pantelante.<br />
Elle se mit à travailler, eut des passages sombres au fond de l&#8217;océan, reprit un travail&#8230; Cahin cahan elle allait son petit bout de chemin, triste et noir.<br />
Et, quand vint la majorité, à cette époque-là à 21 ans, elle retourna voir sa mère qu&#8217;elle n&#8217;avait pas vue tout ce temps.<br />
Et là, elle lui posa des questions. La mère resta muette, la cigarette à la main, le regard vide, la moue sur la bouche. Point de réponse. Mais des questions et des questions, des demandes d&#8217;explication.<br />
Elle revint chez elle, contente : elle avait commencé le dialogue qu&#8217;elle attendait.<br />
Mais deux mois plus tard, sa mère mourait d&#8217;une méningite fulgurante. Elle était partie dans le silence. Cet éternel silence qui lui restait en guise d&#8217;héritage et de plaie au cœur.<br />
Elle se demanda si ses questions, cette insolente prise de parole, n&#8217;avaient pas tué sa mère&#8230;</p>
<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/histoiresnoires.wordpress.com/149/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/histoiresnoires.wordpress.com/149/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/histoiresnoires.wordpress.com/149/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/histoiresnoires.wordpress.com/149/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/histoiresnoires.wordpress.com/149/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/histoiresnoires.wordpress.com/149/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/histoiresnoires.wordpress.com/149/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/histoiresnoires.wordpress.com/149/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/histoiresnoires.wordpress.com/149/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/histoiresnoires.wordpress.com/149/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/histoiresnoires.wordpress.com/149/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/histoiresnoires.wordpress.com/149/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/histoiresnoires.wordpress.com/149/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/histoiresnoires.wordpress.com/149/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=histoiresnoires.wordpress.com&#038;blog=23643075&#038;post=149&#038;subd=histoiresnoires&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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		<item>
		<title>Histoire Noire par Miren ELLE</title>
		<link>http://histoiresnoires.wordpress.com/2011/07/12/histoire-noire-par-miren-elle/</link>
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		<pubDate>Tue, 12 Jul 2011 09:25:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yumington Project</dc:creator>
				<category><![CDATA[Vos Histoires Noires]]></category>
		<category><![CDATA[histoires noires]]></category>
		<category><![CDATA[Miren elle]]></category>

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		<description><![CDATA[La ruelle s’étire, oblique vers la gauche. La minuscule place Dulcie September entr’apparaît au-devant d’elle. La bâtisse se dresse là, anthracite, roide et austère. Elle hésite à se rapprocher tant ce concerto au piano qu’elle est seule à entendre devient oppressant, assourdissant, hurlant. Ses souliers vernis neufs et durs claquent sur les pavés froids. Elle [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=histoiresnoires.wordpress.com&#038;blog=23643075&#038;post=141&#038;subd=histoiresnoires&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La ruelle s’étire, oblique vers la gauche. La minuscule place Dulcie September entr’apparaît au-devant d’elle. La bâtisse se dresse là, anthracite, roide et austère.<br />
Elle hésite à se rapprocher tant ce concerto au piano qu’elle est seule à entendre devient oppressant, assourdissant, hurlant. Ses souliers vernis neufs et durs claquent sur les pavés froids. Elle essuie d’un revers de manche ses yeux embués, son visage tout mouillé par cette Symphonie Monotone qui n’a de cesse de bruiner continûment sur la ville.<br />
Elle traverse cette place au sens tragique, pousse la grande grille en fer forgé de l’Ecole des Beaux-Arts, monte les cinq marches pour accéder au cloître vide en cailloutis.<br />
Et en son centre, un bassin sans autre eau que celle de la pluie fine de ce matin triste.<br />
Elle lève ses yeux, les murs sont de pierre grise, les fenêtres hautes et étroites semblent sévères mais laissent cependant sourdre de la lumière de néons des salles de cours. Salle Varèse, Salle Barthes, Salle McLuhan, Salle Vermeer&#8230;<br />
Les noms se martèlent, s’égrènent dans sa tête emplie de musiques russes, Rachmaninov, Borodine, Moussorgski, Tchaïkovski qu’elle écoutait avant d’aller en cours&#8230;</p>
<p>Avant…</p>
<p>Cette école, Alma a décidé d’y revenir… Cela fait dix ans maintenant et rien n’a changé. Tout est identique et l’on pourrait rejouer une deuxième fois à l’infime vérité près, ce qui se passa autrefois. Catharsis, catharsis, elle se le répète incessamment, elle veut guérir de ce passé, des cauchemars qui recommencent toutes les nuits la réveillant en sueur froide.</p>
<p>Elle ne veut pas dire son nom, non, c’est le monstre et c’est tout. Il a été monstrueux, il l’a vampirisée –ce sont ses propres mots !- Bon, soit ! Elle l’appellera Malheur. Elle eut un rire nerveux, Alma et Malheur, voilà le couple maudit qu’ils formaient alors…</p>
<p>Oui, elle était jeune étudiante et lui professeur de composition musicale. </p>
<p>Il avait du talent cracha-t-elle intérieurement… Mais c’était un artiste « artriste » raté, alcoolique et miséreux. Il n’en était que plus dangereux. Et elle, pauvre sotte naïve sortie de sa campagne perdue, éperdue ici, loin de sa famille, allait lui rendre sa brillance croyait-elle, à ce professeur terni par les frustrations. Oui, disait-elle, il y a en toi le « petit Malheur », cet enfant heureux, précoce qu’il avait été. Et il pleurait Malheur, de ses larmes de crocodiles –Alma n’avait guère conscience que ce n’était qu’un jeu, une toile bien tissée et retissée pour chaque proie successive,  et de mains de maître-. Donc, il pleurait sur son sort, se lamentait sans cesse pour apitoyer Alma, qui, toujours aussi sotte –l’on lui pardonnera sa naïveté tant elle sera mise en péril ensuite- et que, fière et décuplant ses forces à tirer vers le haut son amant, lui répétant maintes et maintes fois combien il devait se souvenir, de la pureté de son enfance. Que l’aura de noirceur qui enveloppait Malheur, elle, Alma allait le dissiper, et il verrait enfin le jour, un jour nouveau où il brillerait, flamboyant dans sa lumière de son Art, la Musique… Il ne serait plus Malheur et sa misère-miserere-misérable, mais un génial créateur des symphonies illustres, jouées par son orchestre de cent hommes et femmes qui se donneraient corps et âmes, illuminés également par la pureté et la magnificence de l’œuvre, son œuvre, son Requiem, le Requiem de Malheur.</p>
<p>Sordide, cette histoire fut sordide, Alma voulait l’oublier à jamais, les dessins horribles qu’il lui glissait dans son casier, l’isolement qu’il eut su créer autour d’elle, la coupant de toutes autres relations affectives pour ne plus avoir de repères dans le réel. </p>
<p>Non, ce n’est pas ici qu’elle égrènera les paragraphes de son malheur qui fut le sien dès sa rencontre dans un vernissage…</p>
<p>Aujourd’hui elle est là, l’Ecole lui servira de scène et les personnes qui croiseront son chemin en seront les spectateurs. Spectateurs de quoi me direz-vous, et bien celui de la vengeance froide d’une femme d’aujourd’hui trente ans qui veut panser ses plaies en tuant le Monstre…</p>
<p>Mais cela se fera dans la même flamboyance que celles des rêves les plus fous qu’elle avait eus pour Malheur. Du Baudelaire ou du Gérard de Nerval, l’envers noir de l’écriture, cette nouvelle que vous lisez est sa vengeance, par le verbe, les belles lettres, l’incision des mots, les uppercuts des phrases assassines…</p>
<p>Alma a le trac, les mains moites, mais elle est une femme à présent et la roue doit tourner. Il ne faut que jamais plus il exerce son machiavélisme sur une proie vierge  comme elle l’était. </p>
<p>Elle entra en tremblant dans l’enceinte de l’Ecole</p>
<p>Elle monta l’escalier de pierre et pris le couloir de gauche, passa devant les bureaux, vides à cette heure matinale et « grisailleuse »… Une journée hivernale somme toute bien banale qui ne présageait en rien la tragédie qui allait suivre…</p>
<p>Soudain, une pensée  fulgurante lui vint à l’esprit : serait-elle en train de glisser dans une folie meurtrière, car les mots peuvent tuer. </p>
<p>Mes chers lecteurs, vous devez vous demander la fin de cette déambulation névrotique, cette histoire est celle d’un rêve, afin qu’Alma puisse grandir enfin et se libérer de ses chaînes d’acier lui cisaillant les bras à chaque mouvement.</p>
<p>Revenons dans ce couloir sombre aux murs cotonneux et feutrés, elle marche, pas à pas le long du corridor vide… </p>
<p>« Je ne sais pas, tout est si flou, difforme, je sais juste que je marche, me cognant aux murs je continue ce couloir… Ah, j’arrive enfin devant le studio son, son studio, là où il donnait ses cours, la salle Varèse ; cours pendant lesquelles je me sentais mal-à-l’aise par rapport aux autres étudiants. » </p>
<p>Alma le vit, enfin vit d’abord son ombre coupante traverser la pièce. La lumière diaphane du tôt matin rendait les objets de la pièce comme figés dans le temps, comme s’ils étaient poussiéreux, qu’ils n’avaient pas bougés depuis dix ans. Il était là, son ombre était visible, elle ne voyait pas encore son regard. Elle ne sentait pas de chaleur humaine dans la pièce. Les deux protagonistes Alma et Malheur étaient des âmes au sang froid. Le piano était toujours sur le côté comme avant, dieu qu’il y avait de la poussière ! Un rai de lumière la rendait encore plus visible, Alma eut envie de tousser, un petit cri rauque sortit de sa gorge sèche. </p>
<p>Malheur apparut alors dans le peu de lumière qui émanait du dehors. Alma aperçut son regard, il lui sembla alors qu’il pleurait. Là, il était devant elle, là, comme si le Temps s’était perdu et que le néant et le vide enveloppait les deux personnages.</p>
<p>Elle ne ressentait rien, elle était sèche de sentiments.</p>
<p>« Il me désigne une partition de musique qui est posée sur le piano. Des notes et des notes griffonnées nerveusement. Oui, c’est un manuscrit de partition. Je m’approche et lis « Requiem » » </p>
<p>Alma glissa sa main le long de son corps et sortit une boîte d’allumettes. Elle en craqua une première, la pièce prenait corps étrangement. L’allumette se consumant, Alma souffla d’un coup pour l’éteindre et la pièce redevint un antre poussiéreux avec en son sein deux personnages bancals et banals. </p>
<p>Alma prit délicatement les feuillets de partition du « Requiem » et brûla la première feuille, le feu prenait vite, les partitions enflammées glissaient du piano. Le personnage qu’était Malheur ou bien son spectre plus précisément ne bougeait pas mais ses larmes coulaient sans cesse.  Il mourrait tandis que les flammes léchaient… Pour faire disparaître les notes d’un temps révolu, d’un idéal déchu, il mourrait en pensée mais sa chair brûlait avec les partitions de l’œuvre de sa vie… </p>
<p>« Autodafé pour revivre,</p>
<p>Autodafé  pour reprendre une vie arrêtée dans la fleur de l’âge</p>
<p>Autodafé  pour détruire l’objet de ses cauchemars. » </p>
<p>Alma fit craquer sa dernière allumette et se retourna brusquement, puis courut, courut, tout du long du corridor, puis descendit les escaliers de pierre, traversa la petite cour et son petit bassin…</p>
<p>Il ne pleuvait plus mais l’asphalte était luisant d’eau, un vrai miroir, un miroir tel qu’Alma en reprenant son souffle vit son visage, et celui-ci était beau, il n’était plus maigre et osseux, c’était le visage d’une belle femme de trente ans, libérée pour de bon de ses démons. </p>
<p>C’est la fin de notre Histoire Noire et elle se termine bien… Ainsi l’espoir renaît et ses cauchemars se dissiperont même si tout le mal fait à Alma n’a pas été mentionné en détails, sachez qu’avant, qu’autrefois, il y eut injustice, et l’injustice fut réparée avec l’autodafé du « Requiem ».  </p>
<p>Une vie blanche, liliale, à commencer enfin… et ce, intensément et entièrement » </p>
<p>« Ce n’est pas manichéen, juste… romantique… » </p>
<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/histoiresnoires.wordpress.com/141/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/histoiresnoires.wordpress.com/141/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/histoiresnoires.wordpress.com/141/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/histoiresnoires.wordpress.com/141/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/histoiresnoires.wordpress.com/141/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/histoiresnoires.wordpress.com/141/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/histoiresnoires.wordpress.com/141/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/histoiresnoires.wordpress.com/141/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/histoiresnoires.wordpress.com/141/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/histoiresnoires.wordpress.com/141/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/histoiresnoires.wordpress.com/141/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/histoiresnoires.wordpress.com/141/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/histoiresnoires.wordpress.com/141/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/histoiresnoires.wordpress.com/141/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=histoiresnoires.wordpress.com&#038;blog=23643075&#038;post=141&#038;subd=histoiresnoires&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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	</item>
		<item>
		<title>Histoire Noire : Bloody Valentin par Marlene Tissot.</title>
		<link>http://histoiresnoires.wordpress.com/2011/07/07/histoire-noire-bloody-valentin-par-marlene-tissot/</link>
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		<pubDate>Thu, 07 Jul 2011 17:07:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yumington Project</dc:creator>
				<category><![CDATA[Vos Histoires Noires]]></category>
		<category><![CDATA[Bloody Valentin]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire Noire]]></category>
		<category><![CDATA[Marlene Tissot]]></category>

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		<description><![CDATA[-1- Franck sirote son blanc au comptoir. Sourcils froncés, il laisse glisser son index le long des colonnes de petites annonces. C’est comme ça qu’il communique avec son pote José. Plus efficace que les signaux de fumée, moins piégeux que les téléphones portables. -2- Il y a deux semaines, José annonçait un &#8220;Projet théâtral juteux [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=histoiresnoires.wordpress.com&#038;blog=23643075&#038;post=122&#038;subd=histoiresnoires&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>-1-<br />
Franck sirote son blanc au comptoir. Sourcils froncés, il laisse glisser son index le<br />
long des colonnes de petites annonces. C’est comme ça qu’il communique avec<br />
son pote José. Plus efficace que les signaux de fumée, moins piégeux que les<br />
téléphones portables.</p>
<p>-2-<br />
Il y a deux semaines, José annonçait un &#8220;Projet théâtral juteux – RDV au kiosque&#8221;.<br />
Non que Franck ait été dans le besoin : il vivait chez sa mère et gagnait son argent<br />
de poche au tiercé. Mais il l’ennuie lui bouffait le foie et il se sentait seul. Alors une<br />
fois de plus il s’était pointé au rendez-vous.</p>
<p>Du jamais vu, qu’il disait José. On parlera de nous dans les journaux, partout, on<br />
sera les maîtres du monde !</p>
<p>Franck pinçait les lèvres. La gloire c’était pas trop son truc. Lui, il était plutôt du genre<br />
discret. Mais José avait bien vendu son affaire : s’agissait de kidnapper cet enculé de<br />
St Valentin !</p>
<p>- Le petit ange avec son arc et ses flèches ? avait demandé Franck.<br />
- On le ligotera sur la place publique, sous les yeux affolés de la populace.<br />
Fanés les bouquets de fleurs, décolorés les petits cœurs roses suspendus aux<br />
vitrines ! On va gommer les sentiments, faire disparaître l’amour de la surface<br />
de la terre. Alors ils comprendront enfin que la guerre n’est pas une solution.<br />
Love and peace mon pote, comme au bon vieux temps…</p>
<p>José s’enflammait.</p>
<p>Love and peace ? T’as connu mai 68 toi ?<br />
Ben non, mais j’ai vu des photos dans un album de mes parents.<br />
Ok, ok, je vois… Et tu comptes t’y prendre comment au juste ?<br />
Toi tu t’occupes du morveux et moi du reste. Descente chez les fleuristes. Je<br />
pulvériser les bouquets et les décos à coup de Karsher. On va leur effacer le<br />
sourire commercial à ces canailles de marchands !<br />
- Euh… sans vouloir t’offenser, ça te rappelle pas quelque chose ?<br />
- Hein ?! Ouais, t’as raison, déjà vu ! On va y aller au Molotov et bombe de<br />
peinture, c’est plus sûr. Il n’y aura bientôt plus une fleur fraîche dans la<br />
place mon pote !<br />
- Et pour St Machin, je fais quoi ?<br />
- Un peu d’imagination Francky, merde !<br />
- Tu crois qu’un mioche en plastique ça ferait l’affaire ?</p>
<p>Tu plaisantes, j’espère ?<br />
…</p>
<p>-3-<br />
Franck se gratte le menton sous une barbe de trois jours et baille en extra large. Ses<br />
nuits ne cessent de raccourcir. Il n’a pas encore déniché de St Valentin. Le temps<br />
presse. Ça le stresse. Il ignore comment dénouer la tresse du problème.</p>
<p>Cela dit, José avait raison : on parle d’eux à la radio. Les journalistes déplorent le<br />
vandalisme croissant d’une bande d’illuminés s’acharnant à détruire l’amour dans<br />
la devanture des fleuristes sans même prendre la peine de revendiquer quoi que ce<br />
soit de concret. Il semblerait qu’une bien triste st Valentin s’annonce cette année&#8230;<br />
Franck soupire, dubitatif. Il avale son reste de blanc d’un trait et claque le verre vide<br />
sur le comptoir. Je te remets son petit frère ? propose Roger la bouteille à la main.</p>
<p>-4-<br />
- T’es sûre de ton coup ? avait demandé Franck. Excuse-moi, mais qui serait<br />
prêt à payer une rançon pour … si peu ?<br />
- Si peu ? Si peu, tu dis ? Non mais je rêve ! Tout le monde a besoin d’amour<br />
mon pote ! Sans St Machin, adieu les coups de foudre, finis les sentiments,<br />
zigouillés les tourtereaux. A part les avocats qui se frotteront les mains devant<br />
l’augmentation du taux de divorces, je vois pas à qui cette situation pourrait<br />
plaire… Non, non, je te le dis : pas de doute là-dessus, tout le monde sera<br />
prêt à verser son obole pour pouvoir continuer à se faire enflécher par St<br />
Valentin ! Enfin, il suffit de leur faire croire…</p>
<p>-5-<br />
Franck continue d’éplucher les petites annonces. Il doit y en avoir une<br />
aujourd’hui, bordel ! José avait prévu l’action pour le quatorze février. C’est-à-dire<br />
demain. Contrarié, il cherche à nouveau. Et enfin, il la repère, entre un chat roux tigré<br />
disparu dans la nuit du 4 au 5 et un jeune homme sérieux en quête de colocataire<br />
non-fumeur. José l’attendra ce soir, vingt-deux heures trente tapantes au virage nord<br />
du SGB.</p>
<p>- Merde, pas aujourd’hui ! peste Franck. J’ai rendez-vous chez le dentiste.<br />
Putain on avait dit le quatorze après midi…</p>
<p>Contrarié, il triture du bout de la langue sa molaire cariée et douloureuse. Il vide son<br />
troisième verre histoire de soulager ses nerfs. Décidément, il ne la sent pas cette<br />
histoire. Comme un vilain pressentiment qui lui tourne dans le bide depuis le début.</p>
<p>-6-<br />
La nuit commence à tomber. Franck frissonne. S’il se pointe au rendez vous sans<br />
St Valentin, il est grillée. La panique enfle. Dans son grand sac de sport, une paire<br />
d’ailes en plastique déborde de la fermeture éclaire. Il ne reste plus qu’à trouver<br />
un môme. Exprimé ainsi, ça n’a pas l’air bien compliqué. Mais Franck n’est pas<br />
complètement con, il réalise que c’est sacrément grave ce qu’il s’apprête à faire. Il<br />
risque gros, putain ! Enfoiré de José avec ses plans foireux !</p>
<p>Tandis que qu’il fait les cent pas pour se donner du courage, la providence<br />
débarque. Une femme un môme et une poussette, ici, dans un recoin sombre de<br />
la ville. Ils foncent vers lui, d’un air décidé. Franck tremble. C’est maintenant ou<br />
jamais. Il va le faire. Oui, il va le faire ! Mais en douceur avec le gosse. Personne ne<br />
lui fera de mal, promis. C’est juste un genre de blague quoi. On aurait dit que c’était<br />
St Valentin et qu’on aurait voulu le zigouiller… Mais ce serait pour de faux. Et puis<br />
après on le rend. D’ailleurs, sûre qu’il va bien rigoler le môme, hein !</p>
<p>Franck avance en sifflotant, faussement décontracté. Le sac sur l’épaule, la tête un<br />
peu penchée. Planquer son visage. La femme est de plus en plus proche. Ils sont<br />
sur le point de se croiser. Franck transpire, inspire, expire et, en moins de temps<br />
qu’il n’en faut pour le dire, il saisit l’enfant et pique un sprint. Il entend la femme qui<br />
gueule. Il ne comprend pas ce qu’elle dit. Elle essaye de le rattraper en continuant<br />
de crier, mais les mots se perdent dans le bruit des semelles en course poursuite.<br />
Franck fonce aussi vite qu’il peut, la gorge en feu, les larmes aux yeux, le gosse qui<br />
ballotte contre sa poitrine. Puis soudain, dans son dos, une douleur en vrille. Souffle<br />
coupé. Le corps qui s’arrête. Il tombe à genoux. La bouche ouverte et des lumières<br />
vives qui lui palpitent à l’arrière des paupières. Il a juste le temps de se rassurer, se<br />
dire, c’est pour un film, hein, c’est par pour de vrai, dites, je vais pas mourir ?</p>
<p>Puis rapidement la douleur s’estompe. Chaleur diffuse entre les omoplates. Il lâche<br />
l’enfant. D’ailleurs, il n’a même pas pleuré le pauvre gosse ! Franck s’étale au ralenti.<br />
Le ventre comme une viande molle, le bruit mat du crâne qui heurte le sol, la joue<br />
étalée l’asphalte humide. Il ne sent plus le froid. Il n’entend rien sauf cet étrange<br />
bourdonnement dans sa tête et son cœur affolé qui pompe à vide. L’enfant est<br />
debout, à côté. Il le regarde en suçant son pouce. Il y a aussi le sac de sport avec<br />
ces foutues ailes qui dépassent. Franck ferme les yeux. C’est presque fini. Le sang<br />
se fait la malle. Flaque tiède dans la nuit glacée, rideau de vapeur timide sous la<br />
lumière crue du lampadaire.</p>
<p>La mère arrive, le flingue encore à la main, pointé droit sur la tête de Franck. Elle<br />
cherche son pouls au niveau de la carotide. Rien. Elle replace l’arme dans son étui,<br />
sous le blouson, juste à côté de l’insigne officiel. Elle prend son fils dans ses bras en<br />
bougonnant, eh merde, encore un rapport à taper ! Je peux faire une croix sur mon<br />
cours de gym ce soir…</p>
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	</item>
		<item>
		<title>Histoire Noire : La vie était belle… par Christine Machureau</title>
		<link>http://histoiresnoires.wordpress.com/2011/07/06/la-vie-etait-belle%e2%80%a6-par-christine-machureau/</link>
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		<pubDate>Wed, 06 Jul 2011 10:11:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yumington Project</dc:creator>
				<category><![CDATA[Vos Histoires Noires]]></category>
		<category><![CDATA[Christine Machureau]]></category>
		<category><![CDATA[histoires noires]]></category>
		<category><![CDATA[La vie était belle]]></category>

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		<description><![CDATA[Varsovie. 1942. Anna renverse la tête en arrière. Les deux bras sur le comptoir de sa boutique, maintenant aussi déserte que le Gobi. Ses cheveux bouclés de jais argenté tombent en cascade d’un chignon fatigué. Assise sur le tabouret de bois, elle songe. Elle songe pour oublier. Oublier la boutique noire, les casiers vides, les [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=histoiresnoires.wordpress.com&#038;blog=23643075&#038;post=120&#038;subd=histoiresnoires&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Varsovie. 1942.</p>
<p>Anna renverse la tête en arrière. Les deux bras sur le comptoir de sa boutique,<br />
maintenant aussi déserte que le Gobi. Ses cheveux bouclés de jais argenté tombent en<br />
cascade d’un chignon fatigué. Assise sur le tabouret de bois, elle songe. Elle songe pour<br />
oublier. Oublier la boutique noire, les casiers vides, les toiles d’araignée pendantes en<br />
longs filaments de douleurs et de misères. Elle ne veut plus voir la vitrine barrée de<br />
volets opaques, définitivement aveuglée par des malheurs sans nom. Ses traits las et sa<br />
maigreur expliquent ses vertiges quotidiens. Il faut que Joseph et Sarah mangent. Elle a<br />
rarement de la nourriture pour trois. Statue de désolation, elle s’évade.<br />
Oui, la vie était belle à Varsovie dans les années trente… Le quartier bruissait de<br />
cris d’enfants, elle était jeune, elle était belle Anna, la toute nouvelle épousée de<br />
David… On n’était pas si mal au ghetto, on était entre nous… Elle avait de la chance<br />
Anna, le minuscule appartement qui surplombait la boutique de tissus et casquettes<br />
était trop petit pour y loger, en sus, ses beaux parents. Leurs souvenirs de pogroms<br />
empoisonnaient l’atmosphère lorsque le vendredi soir ils se rendaient chez eux pour le<br />
shabbat. Les nuits chaudes et sensuelles ont laissé pousser les deux enfants : Joseph a<br />
treize ans et Sarah, cinq ans. David… David, où es-tu ? Tes bras me manquent ! Que fais-<br />
tu ? Quand reviendras-tu ?<br />
Anna entend les pas de ses enfants au dessus. Puis des rugissements de moteur. On<br />
a peur, on a peur depuis deux ans. La rue éclate en cris sauvages. On se crispe sur<br />
le « tacatac » des mitrailleuses, la tête dans les épaules. Ce n’est pas un pogrom, c’est<br />
le Pogrom, celui organisé par tout un État. Chaque journée apporte sa cargaison de<br />
disparitions. Anna et les enfants se font tout petit. Ils ont attendu David pendant quinze<br />
jours. David avait décidé de se battre. Il portait des lettres en dehors et rentrait avec des<br />
patates pour eux. Le long des palissades de bois qui ceinturent le ghetto, elle cherchait<br />
son cadavre. Non, personne ne l’avait vu. Un à un, ses bijoux sont partis, échangés contre<br />
un pain moisi, des patates pourries. La faim, cette bête rampante qui fait de l’homme<br />
une hyène. Les enfants appellent, elle ouvre les yeux. Ce soir, ils se coucheront le ventre<br />
vide…<br />
Tous les trois serrés ensemble dans le même espoir, la même chaleur animale qui est<br />
encore la vie, pour combien de temps ? Elle en a tant vu ces dernières semaines de petits<br />
cadavres squelettiques, de mères éplorées se jetant par les fenêtres. Que faire, David ?…<br />
Que faire ? Elle somnole un peu. Le jour se lève et de loin, de très loin elle perçoit encore<br />
le ronflement des camions. Ils se rapprochent. Ils s’arrêtent, là, devant son immeuble.<br />
-Les enfants ! Réveillez-vous, vite, vos vêtements !<br />
Anna à un pressentiment. Elle jaillit du lit. Habiller Sarah. Vite.<br />
-Joseph ! Mets ton gilet de laine !<br />
Des coups de crosse dans la porte. L’homme est vert, le fusil est noir, pointé droit sur<br />
eux.<br />
-Schnell ! Schnell ! Deux minutes pour descendre dans la rue. Une seule valise !<br />
Il hurle comme si Anna était sourde. La porte du palier reste ouverte.<br />
Elle enfile une robe grise, la plus chaude. Sa valise ne contient que des lainages. Sarah lui<br />
porte son chien en peluche. Joseph la regarde avec des yeux de fin du monde. Elle leur<br />
parle.<br />
-Mettez vos manteaux.<br />
-Mais Mama, il fait chaud dehors.<br />
C’est vrai, elle a oublié. C’est le mois d’Aout. À vivre comme des rats, on ne sait plus. Mais<br />
l’étoile ?<br />
Ils descendent l’étroit escalier. Les crosses tapent dans la rambarde et les bottes veulent<br />
broyer les marches. C’est l’heure grise d’un soleil qui a honte. Sarah pleure maintenant.<br />
David porte la petite valise. Ils sont dehors. On les pousse vers un camion vert, bâché<br />
de noir, déjà plein de voisins. Elle reconnaît Léa et son bébé de trois mois. Ils sont les<br />
derniers à monter, on les pousse. Joseph est silencieux, l’air grave, il sait.<br />
L’immeuble est muet depuis une heure. On entend juste quelques galopades dans la<br />
rue. Alors, derrière la porte qui donne dehors, la porte du placard à balais se pousse un<br />
peu. S’entrouvre enfin. Un homme pâle, plus que mince, les yeux flamboyants enfoncés<br />
dans des orbites noires, monte quatre à quatre un étage et dévaste le petit appartement<br />
d’Anna. David vomit dans la minuscule cuisine. Trop tard… Il est toujours trop tard.</p>
<p><a href="http://numerikmedias.com/librairie/?p=459">Retrouvez Mahini de Christine Machureau ici</a></p>
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		<title>Histoire Noire : L&#8217;amère à boire par Emmanuelle Cart-Tanneur</title>
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		<pubDate>Tue, 05 Jul 2011 07:34:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yumington Project</dc:creator>
				<category><![CDATA[Vos Histoires Noires]]></category>
		<category><![CDATA[Emmanuelle Cart-Tanneur]]></category>
		<category><![CDATA[histoires noires]]></category>
		<category><![CDATA[L'amère à boire]]></category>

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		<description><![CDATA[Je me suis réveillé avec la marée. Sans doute l&#8217;influence du milieu aquatique sur mon cerveau dérangé. Ma première pensée a été pour Tina, qui dormait sans doute encore, emmitouflée dans son duvet, serrée contre le bide et respirant l&#8217;haleine chaude de ce crétin des Alpes qui me l&#8217;avait arrachée. Elle avait toujours aimé la [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=histoiresnoires.wordpress.com&#038;blog=23643075&#038;post=117&#038;subd=histoiresnoires&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Je me suis réveillé avec la marée. Sans doute l&#8217;influence du milieu aquatique sur mon cerveau dérangé.</p>
<p>Ma première pensée a été pour Tina, qui dormait sans doute encore, emmitouflée dans son duvet, serrée contre le bide et respirant l&#8217;haleine chaude de ce crétin des Alpes qui me l&#8217;avait arrachée.<br />
Elle avait toujours aimé la rando, l&#8217;air de la montagne et les nuits sous la tente, c&#8217;est ce qu&#8217;elle m&#8217;avait lancé avant de partir. Avec lui. Ah bon. Moi je croyais qu&#8217;elle aimait les balades sur la plage, le bruit des vagues et les siestes coquines à l&#8217;abri des stores. Avec moi.<br />
Comme quoi on ne connaît jamais vraiment les gens.</p>
<p>Le chien a dû sentir que je me réveillais, il a sauté sur le lit et il a commencé à me lécher à grandes lampées. Il puait de la gueule, ça m&#8217;a rappelé l&#8217;autre alors je lui ai filé une beigne et il a détalé en couinant.<br />
Pourtant c&#8217;est encore lui que j&#8217;aimais le mieux dans tous ceux qui m&#8217;avaient approché ces derniers mois. Vous me direz, c&#8217;était vite vu, à part Tina et le chien, j&#8217;avais vu personne. En plus, c&#8217;est elle qui s&#8217;était amenée à deux : le chien était à elle, enfin il la suivait partout, elle m&#8217;avait dit qu&#8217;elle ne savait pas ce qu&#8217;il lui trouvait mais il ne la lâchait pas, moi j&#8217;y ai pas vu d&#8217;inconvénient qu&#8217;elle soit toujours accompagnée par ce clébard, alors on l&#8217;a gardé. A la longue il était devenu un peu comme notre gosse. On lui achetait des os en plastique. On l&#8217;emmenait en promenade sur la plage. Tina jetait les os et il les regardait s&#8217;envoler puis atterrir, plus loin sur la plage, sans broncher, en se contentant de tirer la langue bêtement et joyeusement en nous regardant, et en bavant. Je crois qu&#8217;on a perdu pas mal d&#8217;os les premiers jours, et puis on a arrêté d&#8217;en acheter.<br />
Ce chien était vraiment trop con.</p>
<p>Je me suis étiré, j&#8217;ai bâillé un bon coup, et puis il a bien fallu que je me bouge. Je n&#8217;avais pas grand-chose à faire de toute façon alors autant me lever : debout, la visibilité est toujours meilleure que couché. Le frigo éclairait la cuisine, j&#8217;avais encore dû le laisser ouvert en allant chercher ma dernière bière de la soirée : au moins le chien aurait bien dormi. Parce qu&#8217;en plus d&#8217;être con, ce chien, il a peur du noir. Et quand il a peur, il pleure. Je sais pas à quoi ressemble une nuit avec un gosse qui chouine, mais avec un chien, moi je vous le dis, y’a de quoi songer au meurtre. Il a du bol, ce clébard, que je sois souvent trop soûl pour me relever, mais qu&#8217;il attende un peu que je rentre de désintox et là , il comprendra qui c&#8217;est Raoul.</p>
<p>Enfin, pour rentrer de désintox faudra déjà que je m&#8217;y inscrive.</p>
<p>C&#8217;était dans mes projets avec Tina – enfin, c&#8217;était dans ses projets pour moi. Regarde-toi, qu&#8217;elle me disait, tu crois que ça me fait envie une barrique ambulante comme ça ? Tu crois que j&#8217;ai envie de me montrer avec toi ? Moi je voyais pas bien l&#8217;intérêt de nous montrer, comme elle disait : nous montrer à qui, d&#8217;abord ? Si j&#8217;étais venu dans ce coin, c&#8217;était bien pour être tranquille et pas avoir à me prendre la tête avec celle que j&#8217;avais, justement. Au début, elle avait fait la tronche à cause de ça : personne pour voir ses belles robes et son épilation parfaite, je lui avais dit que je m&#8217;en fichais, que je l&#8217;aimais même en jean et les aisselles en liberté, mais elle avait fait une petite moue, genre C&#8217;est bien la peine, la peine de quoi j&#8217;en sais rien, je lui avais jamais rien demandé et elle me le reprochait presque, les femmes vous savez quoi, moi je vais vous le dire, ça me fatigue. Je suis encore plus peinard avec le chien, qu&#8217;elle m&#8217;a laissé, peut-être parce que lui non plus ne lui faisait pas assez de compliments sur ses bikinis.</p>
<p>Je me suis fait un café, le chien remuait la queue en jappant joyeusement tout autour de moi, comme s&#8217;il se réjouissait de bientôt pouvoir laper le filtre plein de marc. J&#8217;ai failli lui faire le coup – dix contre un qu&#8217;il aurait été capable de se jeter dessus – et puis j&#8217;ai eu pitié, je lui ai versé dans une assiette le reste de la boîte de Pal qui trainait dans le frigo. Il a mangé bruyamment pendant que je buvais mon café, en aspirant avec des frlfrlfrl comme Tina détestait, et ça m&#8217;a fait plaisir de penser qu&#8217;elle pourrait plus m&#8217;en empêcher. Le bonheur commence par une collection de tout petits plaisirs.</p>
<p>J&#8217;ai jeté la tasse dans l&#8217;évier, laissé l&#8217;assiette du chien par terre, et on est sortis. Le soleil crachait sa chaleur comme un réacteur d&#8217;avion dans un film muet, et je suis dit que le mieux à faire était, à part de trouver une bière fraîche, de nous dégoter un coin à l&#8217;ombre pour la sieste.<br />
On a trouvé les deux vite fait. On s&#8217;est installés sous la coque d&#8217;un bateau sur cales qui avait l&#8217;air d&#8217;être en réparations depuis au moins dix ans, et on a piqué un roupillon. Pas longtemps, parce que des gosses ont débarqué avec un cerf-volant et mon con de chien s&#8217;est mis à vouloir aller jouer avec eux et à courir après le cerf-volant. Quand il a eu déchiré la toile et emmêlé le fil de nylon autour des jambes du plus petit, et que j&#8217;ai vu un gros costaud arriver de loin pour savoir pourquoi le gosse chouinait, on a jugé utile de mettre les voiles. J&#8217;ai dû attraper le chien par le collier pour l&#8217;empêcher d&#8217;aller faire la fête au père et plus on s&#8217;éloignait, plus je me disais qu&#8217;on était partis à temps parce que même de loin, ce type avait l&#8217;air énorme et je ne pense pas que mes cinquante kilos l&#8217;aient impressionné – et les six du chien, non plus.</p>
<p>Finalement on est rentrés, c&#8217;était encore là qu&#8217;on était le mieux. J&#8217;ai allumé la télé, c&#8217;étaient Les Feux de l&#8217;Amour, vingt ans que ce truc passe et même pas en boucle, ça évolue, y’a une histoire, une intrigue comme disait Tina qui exigeait qu&#8217;on se taise le chien et moi quand ça commençait, et pas question de lever une fesse pour aller chercher une bière, fallait que je regarde avec elle et qu&#8217;après on en parle, C&#8217;est important de partager des émotions, qu&#8217;elle disait, je veux tout partager avec toi. Ça pour partager, on a partagé : elle a pris la bagnole, et m&#8217;a laissé le chien. J&#8217;ai éteint la télé.</p>
<p>Il était même pas trois heures et je me demandais déjà comment j&#8217;allais passer le temps jusqu&#8217;au soir. Ça me déprimait trop de regarder la télé éteinte alors avec le chien on est ressortis, pour essayer de trouver des tellines sur la plage. Au début, ça l&#8217;avait amusée, Tina, de repérer les petites algues vertes qui dépassaient à peine du sable mais qui pointaient la telline, on grattait juste en-dessous et on trouvait fatalement un coquillage, on en a ramassé des kilos comme ça, et le soir on se les faisait à la poêle, avec plein de crème et de l&#8217;ail. On a peut-être été heureux deux ou trois fois grâce à ces bestioles-là. Là, y¦en avait plus, ou on n&#8217;y avait pas goût. Pis si j&#8217;en avais ramassé huit ou dix, j&#8217;allais pas me les faire façon nouvelle cuisine, en rond au milieu d&#8217;une assiette, et santé le chien, trinquons à l&#8217;abandon&#8230; Alors on est rentrés, pour la deuxième fois de la journée. Le chien était content, et ça fait toujours plaisir de voir quelqu&#8217;un d&#8217;heureux à côté de vous, même quand on ne l&#8217;est pas. Ça diffuse, comme une ampoule basse consommation, ça n&#8217;éblouit jamais mais ça réchauffe toujours un peu.</p>
<p>Le jour était encore bien là, la nuit serait courte, en ce mois de juin les insomniaques souffraient moins longtemps. Moi, y’a longtemps que je n&#8217;avais plus de problème pour sombrer, pas de meilleur médoc qu&#8217;une bibine, tiède si possible c&#8217;était encore plus régressif, je me disais parfois que si j&#8217;avais pu je me la serais bue au biberon. Tina avait peut-être raison de me dire que j&#8217;étais immature, que je garderais jamais un boulot, que j&#8217;avais pas de projet dans la vie.<br />
Elle avait pas compris que mon projet, ça avait été elle, tout le temps qu&#8217;elle avait passé avec moi.<br />
Je savais rien d&#8217;elle, sauf qu&#8217;en vrai elle s&#8217;appelait Martine, mais ça m&#8217;allait, j&#8217;avais pas envie de prendre tout ce qu&#8217;elle traînait comme valises ou comme histoires, je la voulais elle, juste elle, et c&#8217;était bien comme ça. Je la voulais, et je l&#8217;ai eue. Et on a été bien. Pas longtemps Juste assez pour la regretter quand elle m&#8217;a lâché.</p>
<p>J&#8217;ai ouvert le tiroir de la table de la cuisine, j&#8217;ai fouillé dans le bazar des décapsuleurs et des calendriers des Postes, et j&#8217;ai retrouvé notre photo : on l&#8217;avait faite le soir où je lai rencontrée, celui de la Fête du Port, sur le quai. Elle était aussi ronde que moi je crois, et on a dû se reconnaître du même tonneau, qui se ressemble s&#8217;assemble, j&#8217;étais seul et elle et son chien aussi, et on s&#8217;est dit que ça pourrait faire des étincelles, sa jeunesse et ma folie, sa petite robe et mes envies, et le chien avait l&#8217;air d&#8217;accord. Sur la photo on nous voit tous les trois, je sais plus qui nous a pris mais c&#8217;est bien nous, il y pas si longtemps, et je me suis dit qu&#8217;heureusement que c&#8217;était du noir et blanc, parce que la couleur, ça irait plus du tout avec le souvenir.</p>
<p>J&#8217;ai jeté la photo dans l&#8217;évier et j&#8217;ai ouvert le robinet au-dessus. Notre image s&#8217;est décomposée et le sourire de Tina s&#8217;est tordu sous l&#8217;eau chaude, je l&#8217;ai trouvée ridicule et laide. Ça m&#8217;a fait du bien. Ensuite j&#8217;ai sorti de la poche de mon jean le mot d&#8217;adieu qu&#8217;elle m&#8217;avait écrit. Je n&#8217;avais jamais vu son écriture avant et je l&#8217;avais trouvée bête, appliquée comme celle d&#8217;une écolière et avec des majuscules à presque tous les mots ; elle écrivait comme elle s&#8217;habillait, en en rajoutant, en en faisant trop. Je n&#8217;ai pas relu ce qu&#8217;elle avait écrit, je le savais, moi qui n&#8217;avais jamais retenu une leçon il m&#8217;avait suffit d&#8217;une lecture pour le savoir par cœur, son baratin. Tony avait un chalet, Tony était guide de montagne, Tony ne buvait que de l&#8217;eau de source, et le chat de Tony n&#8217;aimait pas les chiens, alors elle me laissait le sien, ça me ferait des souvenirs, et elle me souhaitait bonne continuation. Je me suis demandé pourquoi j&#8217;avais gardé ça aussi, je l&#8217;ai froissé et jeté dans l&#8217;évier avec la photo. J&#8217;ai éteint le robinet et laissé tout ça se ramollir, ensuite j&#8217;ai déchiré le papier détrempé et petits morceaux que j&#8217;ai sortis de l&#8217;eau et essorés. Et avec la pâte à papier, j&#8217;ai modelé une petite bouteille que j&#8217;ai mise à sécher sur le radiateur. La tête de Tina apparaissait, par hasard, pile-poil au niveau de l&#8217;étiquette et ça m&#8217;a fait sourire, on aurait dit une nouvelle marque de bière : Tina, le plaisir de l&#8217;amertume ! J&#8217;avais peut-être raté une grande carrière de publicitaire.</p>
<p>Je me suis couché tout habillé, le chien à mes pieds. Au matin, la bouteille de papier avait séché ; je l&#8217;ai mise dans ma poche et j&#8217;ai dit au chien qu&#8217;on allait voyager. Il a eu l&#8217;air d&#8217;accord : la montagne, sûr qu&#8217;il va aimer.</p>
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	</item>
		<item>
		<title>Histoire Noire : Jubilé des assassins par Eve de Laudec</title>
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		<pubDate>Mon, 04 Jul 2011 10:40:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yumington Project</dc:creator>
				<category><![CDATA[Vos Histoires Noires]]></category>
		<category><![CDATA[Eve de laudec]]></category>
		<category><![CDATA[histoires noires]]></category>
		<category><![CDATA[Jubilé des assassins]]></category>

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		<description><![CDATA[&#8230; Ou les faux-culs du con-fesse-anal Cent petites lueurs vacillantes des bougies Piquées sur tiges de fer Effluves d’encens ciré Flottent sur les censurés Flottent sur les sens hurlés Tous ces dos assassins Courbés sur le prie-dieu Et leur tête penchée Cache des rires odieux Rendant grâce pour les coups Qui restent impunis Pour ces crimes [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=histoiresnoires.wordpress.com&#038;blog=23643075&#038;post=113&#038;subd=histoiresnoires&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>&#8230; <strong><span style="font-size:small;"><span style="font-family:'Times New Roman';">Ou les faux-culs du con-fesse-anal</span></span></strong></p>
<p>Cent petites lueurs vacillantes des bougies<br />
Piquées sur tiges de fer<br />
Effluves d’encens ciré<br />
Flottent sur les censurés<br />
Flottent sur les sens hurlés<br />
Tous ces dos assassins<br />
Courbés sur le prie-dieu<br />
Et leur tête penchée<br />
Cache des rires odieux<br />
Rendant grâce pour les coups<br />
Qui restent impunis<br />
Pour ces crimes de sang<br />
Dans lesquels ils ont joui</p>
<p>Dans l’isoloir l’esprit fébrile<br />
Se cachant derrière le grillagé<br />
A genoux, il jubile<br />
De vomir ses atroces mots<br />
Et recevoir le grand pardon<br />
Pour ses méfaits pas encore faits<br />
Car ceux passés sont oubliés<br />
Depuis le dernier jubilé<br />
Ce s’ra ma faute, ce s’ra ma faute<br />
C’est ma raison ma déraison<br />
Pardonnez-moi, je vais pécher</p>
<p>Je l’ai violée, saigneur<br />
Et j’ai pris du plaisir<br />
Et sa gorge coupée<br />
Me réchauffe la nuit<br />
Car je vous ai tout dit<br />
Oui je prends de l’avance<br />
Sur meurtre à venir<br />
Avec votre clémence<br />
Je m’en vais trucider<br />
Grand merci de m’absoudre<br />
Car je vais en découdre<br />
Derrière votre rideau<br />
Je peux crier tout bas<br />
Et parler de mes actes<br />
Sans crainte qu’ils m’abattent</p>
<p>Simple pan de tissu<br />
Qui enferme à jamais les horribles aveux<br />
Quelle paix mon saigneur<br />
Quelle belle invention<br />
Secret de confession<br />
Qui autorise la mort avec grande intention<br />
De vous la bien donner<br />
Impuni, impuni,<br />
Et même cul béni<br />
Allez allez en paix, votre chemin décroit<br />
Tuez avec bonheur et gardez votre foi</p>
<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/histoiresnoires.wordpress.com/113/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/histoiresnoires.wordpress.com/113/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/histoiresnoires.wordpress.com/113/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/histoiresnoires.wordpress.com/113/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/histoiresnoires.wordpress.com/113/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/histoiresnoires.wordpress.com/113/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/histoiresnoires.wordpress.com/113/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/histoiresnoires.wordpress.com/113/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/histoiresnoires.wordpress.com/113/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/histoiresnoires.wordpress.com/113/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/histoiresnoires.wordpress.com/113/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/histoiresnoires.wordpress.com/113/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/histoiresnoires.wordpress.com/113/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/histoiresnoires.wordpress.com/113/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=histoiresnoires.wordpress.com&#038;blog=23643075&#038;post=113&#038;subd=histoiresnoires&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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